qu’est ce qu’on entend par la Blockchain?

Nous allons tout d’abord définir ce que recouvre le terme « blockchain » ainsi que les propriétés principales de cette technologie, avant de présenter rapidement deux techniques qui soutiennent son fonctionnement.


A. DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS

Il faut noter que nous décrirons ici essentiellement le fonctionnement d’une blockchain publique, c’est-à-dire ouverte à n’importe quel participant. C’est le cas notamment de la blockchain du bitcoin à laquelle n’importe qui peut participer en téléchargeant sur son ordinateur des logiciels adaptés. Dans ce contexte, il n’y a aucune confiance a priori entre ces intervenants. Ce n’est pas le cas d’une blockchain privée, dite « de consortium », pour laquelle il peut y avoir une confiance a priori (entre par exemple des pro-fessionnels d’une même branche d’activité), et même une autorité centrale régulatrice.

La technologie blockchain permet de constituer une base de données dis-tribuée, sans organe central de contrôle. Les données sont stockées au sein de.

Nous utilisons ici par commodité le terme de « cryptomonnaie », lors même qu’il est réfuté par le rapport de la Banque de France cité dans la note précédente. Ce terme est toutefois utilisé par l’excellente « Note scientifique de l’Office, Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques, note n°4, Comprendre les blockchains (chaîne de blocs), avr 2018 ». La question de la nature de ces actifs en tant que monnaie sera traitée par d’autres contributeurs, économistes et juristes. Par ailleurs, conformément à l’usage, nous utiliserons le mot « bitcoin » avec un « b » minuscule pour désigner la monnaie correspondante. Le mot « Bitcoin » avec un « B » majuscule est usuellement utilisé pour désigner le protocole de communication utilisé par cette cryptomonnaie.

Il est souvent fait mention de « vol de bitcoins ». Il s’agit en fait de vol des logiciels portefeuilles permettant les transactions en bitcoin, et non de défaillance du système lui-même. Ceci pourrait être comparable au vol d’un portefeuille contenant une carte bancaire ainsi que le code secret associé. 

blocs qui sont liés entre eux, formant ainsi une chaîne. Ces termes méritent quelques commentaires : 
—une blockchain est distribuée au sens où elle a vocation à être répli-quée sur des dispositifs électroniques divers et éventuellement en grand nombre. Ces dispositifs électroniques peuvent être des ordinateurs, des tablettes numériques, des smartphones, dans la limite de leur capacité de stockage. Ils constituent les nœuds du réseau et peuvent avoir des rôles différents : certains stockent uniquement de l’information, d’autres ont un rôle de certificateur de sa validité .
— il n’y a aucun organe central de contrôle au sens où aucun des nœuds du réseau n’est a priori désigné comme plus fiable que n’importe quel autre. Il s’agit d’un véritable réseau pair à pair (peer to peer), sans hié-rarchie préalable. Les nœuds doivent donc parvenir à établir un consen-sus de confiance afin de convenir si une information enregistrée dans la blockchain est correcte ; 
—les blocs constituent une unité d’information qui rassemble les infor-mations élémentaires que la blockchain a vocation à stocker. Ces infor-mations peuvent être de natures très diverses, comme par exemple des transferts d’actifs dans le cas d’une blockchain de cryptomonnaie, des smart contracts, des images telles que des photographies sur lesquelles sont susceptibles de s’appliquer des droits d’auteur, des titres justifiant de l’obtention d’un diplôme…

Une propriété des blockchains est la transparence : le contenu des blocs est généralement lisible par tous, y compris par des acteurs n’intervenant pas dans son fonctionnement5. C’est évidemment une caractéristique sur-prenante dans les domaines d’activité visés par ces outils (transactions financières, contrats…). Il faut bien entendu noter que si l’on peut souvent accéder aux contenus de ces blockchains, l’identité des utilisateurs n’est pas révélée puisqu’ils opèrent au travers d’adresses qui constituent des pseudonymes.

Une autre propriété est l’immuabilité : lorsqu’une information est enregis-trée dans un bloc et que ce bloc fait bien partie de la blockchain, il y figurera définitivement, et l’information qu’il contient également. Les sites proposant de suivre l’activité de certaines blockchains6 permettent ainsi de remonter jusqu’au bloc initial de cette chaîne7.

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