Les start-up concurrencent de plus en plus les entreprises traditionnelles

Un tsunami de start-up innovantes et ultra dynamiques réinvente les indus-tries. Si les grands groupes sont lents à s’emparer des nouvelles technolo-gies ou à répondre aux nouvelles attentes des clients, les start-up, elles, se sont lancées dans un sprint pour transformer chaque insatisfaction en une idée de nouveau business. Depuis 1998 et malgré la bulle de 2000 liée à cer-tains excès, de nouvelles PME, agiles et ambitieuses, lèvent des fonds de plus en plus importants en cherchant à changer le monde ou au moins à innover et à challenger les marchés existants.

Grâce à Internet, le marché est désormais mondial, et les meilleures des jeunes pousses arrivent en quelques années à se lancer sur plusieurs conti-nents et à toucher des dizaines voire des centaines de millions d’utilisateurs. La Silicon Valley continue d’être leur terre de prédilection, mais New York, Berlin, Londres, Paris, Tel-Aviv ou même l’Asie voient chaque année des cen-taines de nouveaux concepts se lancer. Avec des sources de financement de plus en plus importantes (business angels, capitaux-risqueurs – les « VC », Venture Capitalist –, fonds d’investissement, crowdfunding), nous assistons à la troisième génération d’entrepreneurs digitaux, conseillée et parfois finan-cée par ceux qui ont fait fortune en 2000 ou 2010. Xavier Niel a lancé à Paris « Station F », un des incubateurs les plus grands au monde avec une capa-cité de plus de 1 000 start-up à la halle Freyssinet. Et il ne se passe pas une semaine sans une annonce de levée de fonds en France ou un jour dans le monde. Rien qu’en France, on a vu plus de 484 levées de fonds en capital-risque pour plus de 1,8 milliard d’euros.

Une bulle, peut-être, mais alors pas celle que l’on imagine

Certains se rappellent l’explosion de la première bulle Internet et devant les valorisations gigantesques de certaines start-up jouent déjà les Cassandres. Pourtant, même avec une correction possible, cette vague n’est pas prête de se tarir et devrait certainement venir titiller vos activités existantes. Comme le dit avec une pointe de provocation le célèbre investisseur de la Silicon Valley Dave McClure, « certaines licornes pourraient être survalorisées, mais tous les dinosaures vont bien mourir19 ». Pour lui, ce sont en fait certaines valo-risations de grands groupes qui sont surévaluées. Pour lui, il n’en est rien. Avec la disruption à prévoir de la part des start-up, bien des modèles vont s’écrouler. Il explique : « À moins qu’elles n’innovent plus rapidement (ou acquièrent leurs homologues digitaux), attendez-vous à ce que la plupart des dinosaures du Top 500 (le S&P 500 aux États-Unis) se fassent disrupter et détruire par une marche ininterrompue de licornes, financées par les VC, qui éclateront leurs petits cerveaux reptiliens grâce aux logiciels et au marketing digital21. » Une formule assez brutale, mais qui aura le mérite d’être claire de la part d’un VC dont le fonds a investi dans plus de 2 000 start-up de 60 pays.

Chaque industrie voit un essaim de start-up se lancer pour essayer de réin-venter leur chaîne de valeurs ou répondre à de nouveaux besoins. Il existe quasiment une application mobile pour tout. Certains se moquent même des développeurs de la Silicon Valley en expliquant qu’ils ont d’abord cherché à essayer de remplacer leur mère ! Besoin de quelqu’un pour vous conduire ? Cliquez sur Uber. Besoin d’envoyer vos vêtements au pressing ? Essayez zipjet .fr à Paris. Envie de rencontrer l’âme sœur ? Tentez Tinder, AdopteUnMec ou Grindr pour la communauté gay. Pas le courage de vous séparer ? Il y a même une application pour ça (breakuptext.me) et une autre pour vous consoler (thebreakupapp.com) ! Un petit creux ? Convoquez votre repas à l’aide de Deliveroo, AlloResto ou Foodora. Derrière la kermesse des applications mobiles se cachent bien d’autres start-up, plus discrètes ou moins présentes dans les médias, mais qui travaillent sur des innovations bien plus importantes dans les domaines de la finance, de l’industrie, du B2B, de l’énergie ou de la santé. Si elles échappent au taux de mortalité important des start-up, naviguent entre levées de fonds et pivots (un changement de business model), elles pourront devenir des « scale-up », des sociétés à forte croissance, en espérant peut-être faire partie un jour du club très sélect des licornes, ces start-up valorisées plus de 1 milliard de dollars.

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